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vendredi 21 août 2009

LA DÉMOCRATIE VUE PAR PIERRE JOURDE PROFESSEUR DES UNIVERSITÉS ET ROMANCIER.



Pierre Jourde est romancier ("Paradis noir" sortira chez Gallimard en février), essayiste ("Littérature monstre" vient de paraître) critique littéraire ("La littérature sans estomac") et professeur à l'université de Grenoble III, du moins tant que quelque chose comme l'université existe encore ; ça ne devrait pas durer.


Les Palestiniens sont victimes d'une injustice inacceptable. Soit. Depuis soixante ans, sans relâche, les médias du monde entier se focalisent sur ce conflit. On se dit tout de même que la rentabilité injustice/information est très faible, si l'on ne considère que le rapport entre le nombre de morts et la quantité de papiers et d'images déversés sur le monde en général, et les masses arabes en particulier. Même rentabilité faible si l'on prend en compte la quantité de personnes concernées, importante certes, mais moins qu'en d'autres lieux de la planète. Quant aux atrocités commises, n'en parlons pas, une plaisanterie.Au nombre de morts, de réfugiés, d'horreurs, il y a beaucoup mieux, un peu partout. Remarquons, à titre d'apéritif, qu'avec la meilleure volonté du monde, Tsahal aura du mal à exterminer autant de Palestiniens que l'ont fait, sans états d'âmes, les régimes arabes de la région, notamment la Syrie , le Liban et la Jordanie , qui n'en veulent pas, eux non plus, des Palestiniens, et qui ont peu de scrupules humanitaires lorsqu'il s'agit de s'en débarrasser.
Mais Israël est un coupable idéal, non seulement dans nos banlieues, mais en Europe en général. Nous le chargeons de toute notre mauvaise conscience d'anciens colonisateurs. Une poignée de Juifs qui transforme un désert en pays prospère et démocratique, au milieu d'un océan de dictatures arabes sanglantes, de misère, d'islamisme et de corruption, voilà un scandale. Il faut donc bien que cela soit intrinsèquement coupable, sinon où serait la justice ? L'injustice est avant tout israélienne. Ce n'est même pas un fait, c'est une métaphysique.Cent chrétiens lynchés au Pakistan valent moins, médiatiquement parlant, qu'un mort palestinien. Pourquoi l'injustice commise envers les Palestiniens reçoit-elle vingt fois plus d'écho que celle faite aux Tibétains, aux Tamouls, aux chrétiens du Soudan, aux Indiens du Guatemala, aux Touaregs du Niger, aux Noirs de Mauritanie ? Y a-t-il plus de gens concernés, plus de sang versé, une culture plus menacée dans son existence ? En fait, ce serait plutôt l'inverse. Que la Papouasie soit envahie par des colons musulmans qui massacrent les Papous et trouvent, en plus, inacceptable de voir les rescapés manger du cochon, voilà qui ne risque pas de remporter un franc succès à Mantes la Jolie. Que des sales Nègres, considérés et nommés comme tels, soient exterminés par des milices arabes au Darfour, les femmes enceintes éventrées, les bébés massacrés, voilà qui ne soulève pas la colère des jeunes des cités. Et c'est dommage : si l'on accorde des circonstances atténuantes à un jeune Français d'origine maghrébine qui s'en prend à un Juif à cause de la Palestine , alors il serait tout aussi logique de trouver excellent que tous les Maliens, Sénégalais ou Ivoiriens d'origine s'en prennent aux Algériens et aux Tunisiens. Voilà qui mettrait vraiment de l'ambiance dans nos banlieues. Le racisme franchement assumé des Saoudiens ou des Emiratis envers les Noirs, les Indiens ou les Philippins, traités comme des esclaves, ne soulève pas la vindicte de la tribu Ka , ni des Noirs de France. La responsabilité directe des Africains dans la traite des Noirs n'induit pas des pogroms de guinéens par les Antillais. Pourquoi seulement Israël ? A moins que la haine d'Israël ne soit que le paravent du bon vieil antisémitisme ; mais non, cela n'est pas possible, bien entendu.
Israël, 20.000 km2, 7 millions d'habitants, dont 5 millions de Juifs, est responsable du malheur des Arabes, de tous les Arabes, qu'ils soient égyptiens, saoudiens ou français. Israël est l'Injustice même. En le rayant de la face du globe, en massacrant les Juifs, on effacerait l'injustice. C'est bon, de se sentir animé par une juste colère. C'est bon, d'éprouver la joie de frapper et de persécuter pour une juste cause.. Voilà pourquoi il ne faut pas dire aux "jeunes des cités" que les deux millions d'Arabes israéliens ont le droit de vote, élisent leurs députés librement. Ne leur dites pas qu'Israël soutient financièrement la Palestine . Ne leur dites pas que des milliers de Palestiniens vont se faire soigner dans les hôpitaux israéliens. Ne leur dites pas que l'université hébraïque de Jérusalem est pleine de jeunes musulmanevoilées. Ne leur demandez pas où sont passés les milliers de Juifs d'Alexandrie. Il en reste trente aujourd'hui. Ne leur demandez pas ce qu'il est advenu de tous les Juifs des pays arabes. Ne leur demandez pas s'ils ont le droit au retour, eux aussi. Ne leur demandez pas quelle est la société la plus "métissée", Israël ou la Syrie. Ne leur dites pas que, s'il y a de nombreux pro-palestiniens en Israël, on attend toujours de voir les pro-israéliens dans les pays arabes. Ne leur dites pas que le négationnisme ou l'admiration pour Hitler ne sont pas rares dans les pays arabes ; que, lorsqu'il s'est agi d'illustrer les différentes cultures par leurs grands textes, la bibliothèque d'Alexandrie a choisi d'exposer, pour le judaïsme, le Protocole des Sages de Sion ; que ce 'faux' antisémite est largement diffusé dans les pays arabes. Ne leur dites pas que, du point de vue des libertés, de la démocratie et des droits de l'homme, non seulement il vaut mille fois mieux être arabe en Israël que juif dans un pays arabe, mais sans doute même vaut-il mieux être arabe en Israël qu'arabe dans un pays arabe. Ne leur dites pas qu'Alain Soral, du Front national, qu'ils détestent tant, est allé manifester son soutien au Hezbollah, qu'ils admirent si fort.Si on leur enlève la méchanceté d'Israël, que deviendront ceux d'entre eux qui s'en prennent aux feujs, sinon des brutes incultes, bêtement, traditionnellement antisémites ? Il ne faut pas désespérer Montfermeil. Mais après tout, on peut tout de même essayer de leur dire tout cela sans trop de risque. Ils traiteront l'informateur de menteur, d'agent du Mossad, de représentant du lobby sioniste ou de raciste.
> > Ils auront raison. Pourquoi se défaire de la commode figure du Croquemitaine responsable de toute la misère du monde ? Elle évite de s'interroger sur ses propres insuffisances.

samedi 1 août 2009

Confession d’un terroriste

"Il ne sommeille ni ne dort, celui qui garde Israël", chantait l'ancien terroriste Walid Shoebat devant une foule d'étudiant - juifs pour la plupart - à l'Université de Toronto la semaine dernière.

En absolue contradiction avec les chants de l'OLP qu'il récitait en grandissant, avec des mots comme, "aiguise mes os en glaive et fais de ma chair des cocktails molotofs," Shoebat, qui a maintenant 44 ans, chante une mélodie totalement différente. La visite de Walid Shoebat à l'Université de Toronto, avec Tovia Singer de la Radio Nationale d'Israël, était le dernier effort de l'ancien terroriste au nom de sa dernière cause : Israël et le peuple Juif.

Shoebat a raconté son extraordinaire voyage sur les ondes et devant des spectateurs à travers l'Amérique du Nord, encourageant les gens "Levez-vous et sentez le danger avant que l'Islam réussisse à mettre en application son programme de Jihad dans le monde entier."

Né en 1960 de père musulman et de mère chrétienne américaine, Walid grandit principalement dans le village de Beit Sahour, près de Bethlehem. Ses parents se rencontrèrent pendant que son père étudiait aux État Unis, ils se marièrent et retournèrent à Beit Sahour qui était sous contrôle Jordanien, l'année de la naissance de Walid. Une fois sur place, son père confisquât le passeport de sa mère et l'empêcha de partir. Après une brève période en Arabie Saoudite, les Shoebat déménagèrent à Jéricho, où le jeune Walid fut enrôlé dans une école dirigée par des jordaniens. "La première chose que nous y apprenions en grandissant était de haïr les Juifs," raconte Walid . "Je n'oublierai jamais le premier chant que j'y ai appris : les Arabes nos bien-aimés et les Juifs nos chiens. Je me demandais toujours qui étaient les Juifs, mais je répétais les mots avec les autres enfants sans savoir leur signification."

Rapidement après la Guerre de 6 Jours son père l'envoya dans une école à Bethlehem "où je grandit dans la foi de l'Islam, dans laquelle je fus nourri avec l'idée qu'un jour l'accomplissement d'une ancienne prophétie de Mohammed, prophète musulman, viendra," raconte Shoebat . "La prophétie prédit une bataille dans laquelle la Terre Sainte sera reprise et que l'élimination des Juifs se fera via un massacre massif et que le jour du jugement n'arrivera pas avant que les Arabes aient vaincu les Juifs à Jérusalem et dans les nations alentours." Peu de temps s'était écoulé avant que l'éducation de Walid ne l'entraîne à être mêlé à divers actes de terrorisme.

Ça n'a pas mis longtemps avant que Walid ne soit initié dans le groupe terroriste du Fatah de Yasser Arafat . "Je fus recruté par un gars nommé Mahmoud Abu-Amr, de Jérusalem" raconte Walid. "Je l'ai rencontré à Mont du Temple à Jérusalem où il m'a donné un engin explosif vraiment sophistiqué qu'il avait créé.

La bombe - une charge explosive cachée dans du pain - était destinée à une succursale de la 'Leumi Banque' à Béthlehem. "Nous étions passé en fraude au Mont du Temple - avec des explosifs et un minuteur à la main, afin d'éviter les contrôles. Je suis allé à un arrêt de bus afin de prendre un bus pour Bethlehem, entièrement prêt à donner ma vie s'il le fallait". Malgré cela, il avait eu un moment d'incertitude. "À la dernière minute j'aperçus des enfants marcher au alentour de la banque et décidais: 'c'est ridicule'. Je la jetais sur un toit tout près." Walid dit qu'il n'était pas motivé par le nationalisme ou par le désir d'autodétermination autant qu'il l'était par son éducation Islamique.

"Je n'étais pas seulement un terroriste, mais j'étais terrorisé par mes convictions", raconte Shoebat, "depuis lors je dus acquérir assez de mérite et de bonnes actions pour aller au ciel, sans l'assurance que mes bonnes actions l'emporteraient sur les mauvaises dans la balance lorsque je serais jugé par Dieu. Il m'avait été enseigné que de mourir en combattant les Juifs adoucirait la colère d'Allah envers mes péchés et que ça me garantissait une bonne place au ciel avec des femmes aux grands yeux magnifiques pour accomplir mes désirs les plus intimes. D'une façon ou d'une autre par de réelle attaques envers les Juifs, ou si je devais être tué lors d'attentat, je gagnerai - la terreur était le seul moyen."

Après avoir passé de nombreux mois dans une prison Israélienne, Walid partit étudier aux États-Unis, à 18 ans il devint activiste à Chicago, en collectant des fonds pour l'OLP. "Même en vivant en Amérique - une société civilisée, si vous voulez - je n'avais toujours pas changé d'un poil de façon de penser en ce qui concernait Israël et les Juifs." La transformation vint en 1993, lorsque fraîchement marié il essaya de convertir sa femme Catholique à l'Islam. "Je revendiquais que les Juifs avait corrompu la Bible et qu'ils étaient tueurs de prophète", nous dit-il. Sa femme lui demanda de lui prouver ses revendications. Déterminé, il acheta sa première Bible afin de montrer à sa femme les contradictions et corruptions introduites en elle par les Juifs.

En 1993 j'ai demandé au Dieu d'Abraham, d'Isaac et de Jacob de me révéler si la Bible était réellement aussi corrompue que je le pensais ou si Elle était la vérité et le Coran le faux document", dit -il. En étudiant parallèlement le Bible et le Coran, il en vint rapidement à un carrefour logique: "soit les Juifs avaient en effet changé les Écritures - parce que comment Dieu pouvait-il être du côté du peuple mauvais - ou le Coran était faux, et j'étais le méchant", raconte Walid. "J'ai donc décidé d'examiner l'histoire des deux côtés - de peser le pour et le contre des deux parties. C'est alors que j'ai commencé à voir le lien entre le peuple Juif et leur terre." Doucement un changement survint chez l'ancien partisan du Jihad.

"Après avoir lu la Bible des Hébreux, les justes guerres d'Israël - depuis les temps bibliques jusqu'à nos jours - j'ai commencé à me rendre compte", dit Walid. "Comment se pouvait-il qu'Allah soit le vrai Dieu si la Guerre de 6 Jours en 1967 a donné la plus grande victoire des Juifs depuis que Josué a encerclé Jéricho. Le plus est que la victoire d'Israël - contrairement aux conquêtes Musulmanes pleines de viols de pillages et de massacres - apporta la liberté pour tous les peuples et les religions. Tout le monde - l'a vu et tout le monde s'en souvient, mais malheureusement les gens aujourd'hui refusent d'admettre la vérité de ce qu'ils voient."

Shoebat décida à ce sujet de se détourner du terrorisme et du Jihad. "Je réveillais ma femme et lui dis: Maria je pense que j'avais tort d'essayer de te convertir à l'Islam". Il s'engagea sur la voie de la réconciliation, ressentant de profonds regrets pour ses actions passées ainsi que de la colère envers ceux qui l'avaient endoctriné pour les effectuer. "Je souhaitais profondément recevoir le pardon du soldat que j'avais presque tué," dit-il à Singer. Il se souvint avoir entendu un autre soldat l'appeler Amnon. Je voudrais demander à Amnon de bien vouloir comprendre que je subissais un enseignement dicté par la haine qui me remplissait de haine pour les Juifs. Cela nous avait été enseigné depuis la plus tendre enfance et je ne savais rien de mieux".

Déterminé à faire savoir à son peuple ce qu'il savait, il commença rapidement à parler aux musulmans - leur demandant de faire face à ce que l'Islam est et ce qu'il est devenu. Shoebat ajoute: "J'y ai grandi, j'étais dans les mosquées, aux ummahs et aux écoles religieuses. Je sais ce qui continue d'être enseigné aujourd'hui dans les manuels et par les dirigeants religieux - c'est pour cela que je lance mon défi à ceux qui revendiquent que l'Islam n'est pas la religion de terreur que l'on voit de nos jours: si ce n'est pas cela l'Islam, alors qu'avez vous fait l'empêcher et dire 'ce n'est pas bien?'".

"Ce que l'occident ne comprend pas au sujet de l'Islam", dit Shoebat à l'émission radio de Tovia Singer, "c'est que le Jihad a trois étapes. Si les musulmans ont le dessus alors le Jihad est imposé par la force. Si les musulmans n'ont pas le dessus alors le Jihad est réalisé par des moyens politiques et financiers. Depuis que l'Islam n'a plus le dessus en Amérique et en Europe, ils parlent de paix tout en soutenant le Hamas et le Hezbollah. L'idée que l'Islam est une religion de paix provient de la partie silencieuse du Jihad."

L'Imam (le "prêtre" islamique) du comté d'Orange, en Californie, également invité au show de Tovia, et en désaccord avec les dires de Shoebat, dit que le Jihad représente une lutte interne et non un génocide d'infidèles, ainsi qu'Oussama ben Laden l'entend. Shoebat réfuta impassiblement les revendications de l'Imam en récitant verset après verset des écritures coraniques, dans son arabe original et le traduisant en anglais. "Il y a plus de cents citations de Mohammed en ce qui concerne les Jihad - Je pourrais réciter chacun d'entre eux mais ça nous prendrait toute la journée. Chacun d'entre eux se réfère spécifiquement au Jihad par le glaive, tuer et ne faire aucun prisonniers - avec seulement une citation se référant à une bataille interne appelée ainsi par Mohammed après la conquête et l'occupation totale de l'Arabie." Walid dit que de telles revendications sont typiques des dirigeants islamistes en Amérique, et qu'elles sont naïvement avalées par les auditeurs occidentaux qui ne veulent pas croire que l'une des plus grandes religions du monde représente un danger pour l'humanité.

Lorsqu'on lui demanda s'il croyait que les musulmans d'Amérique adhéraient au programme du Jihad qu'il avait décrit, Shoebat apporta des précisions sur ses déclarations, "les Afghans aux U.S. et les Iraniens qui ont quitté l'Iran sont des gens particulièrement paisibles. Toutefois, les communautés de langue arabes en Amérique soutiennent vraiment Oussama ben Laden et le Hamas."

Il cita une corrélation directe entre l'adhésion à l'Islam et le soutien du terrorisme. Moins ils en savent à propos de l'Islam plus ils sont pacifiques. Il y a ceux qui rejettent les sources classiques et qui se focalisent sur les versets de paix du Coran, cherchent à dénaturer les versets parce qu'ils ne veulent pas s'engager dans la violence. Mais si ces prédicateurs veulent débattre avec Oussama ben Laden, c'est lui qui l'emportera, car les mots du Coran sont de son côté.

Shoebat lui même, maintenant chrétien évangélique, estime qu'il est dommage que les arabes chrétiens choisissent la théologie de la haine des juifs, alors même qu'ils subissent les persécutions et les intimidations de la majorité musulmane. Les arabes chrétiens en Israël tiennent leur éducation de leurs dirigeants et de l'église catholique, se lamente Shobat. Ils adhèrent grosso modo à la "Théologie de Remplacement" - qui dit que Dieu va remplacer Israël par l'église catholique. Ils ont également proposé une nouvelle Théologie de Libération, réquisitionnée par le mouvement Palestinien."

Bien que Shoebat ne mâche pas ses mots, sa transformation n'a pas été facile. "Mon père et ma famille me collèrent l'étiquette de traître, ils dirent que j'avais trahis ma cause, ma religion, ma culture, tout. Si l'Islam et réellement une religion de paix alors ma famille devrait me considérer comme un ami.

Mon propre frère ne menacerait pas de me tuer, ma famille ne m'aurait pas confisqué mes terres et demandé que je rentre à Bethlehem pour déclarer qu'il n'y a pas d'autre dieu qu'Allah et Mohammed est son prophète. Si je ne crois plus en l'Islam, pourquoi devrais-je déclarer une telle chose? Le fait est que Mohammed demande clairement que celui qui change de foi soit tué.

Quelle partie du mot "tuer" est incomprise par ceux qui proclament que l'Islam est une religion de paix? Je dois vivre en me cachant et être très prudent alors que je vis dans une société libre ici au U.S.A."

Mais il insiste sur le fait que sa soif de vérité en vaut la peine et voit cela comme sa mission de porte-parole de la paix véritable. "Je viens à vous, les juifs par amour pour votre peuple et votre Bible, pour vous dire que mon peuple a tort", a-t-il dit à un groupe d'étudiants juifs à Berkeley. "Les arabes et les musulmans ont tort." Bien qu'il sente que cela relève de la plus grande importance de parler à des groupes juifs pour leur dire de faire attention à ne pas abandonner une part de la terre d'Israël aux terroristes islamiques - son véritable objectif est lié avec son propre peuple.

"Mon rêve est d'aller dans les prisons où j'avais l'habitude d'être - Ramallah, Muskavit, peu importe la prison - y aller et dire: 'Hey! Vous pouvez vivre une vie différente de celle que Yasser Arafat et Ahmed Yacine vous ont obligé à croire.' Je veux débattre avec eux et leur dire qu'il n'y a pas 72 vierges ni aucune autres de ces âneries enseignés dans leurs écoles qui les attendent au paradis." Dans ses apparitions dans des mosquées, synagogues et émissions de radio, Shoebat est tout à fait disposé à répondre aux questions des juifs, arabes et islamistes. Un étudiant de l'Université de Toronto lui demanda ce qu'il conseillait à Israël de faire pour mettre un terme aux agissements du Jihad contre elle. "La plupart des juifs croient à la solution d'un double état" répondit Shoebat.

"Je n'y crois pas. Un état Palestinien élaborera ses propres règles et lois pour continuer de tuer les Juifs. Il suggéra à la place, qu'Israël se lève et sente l'humus. Nous devons retourner au status quo - l'occupation. Sous l'occupation, il y avait du travail, les gens allaient au travail et soutenaient leurs familles, et quiconque était impliqué avec le terrorisme était exilé ou emprisonné - comme dans tout les pays modernisés du monde. Je pense qu'Israël doit rester fort et se battre - démanteler le groupe islamique Hamas et retirer toutes les armes, comme c'était le cas avant. L'arrivée des armes dans la société Palestinienne par Israël (par les accords d'Oslo, Israël donna des fusils d'assaut aux forces de police d'Arafat) était un désastre et ils doivent être confisqués."

En réponse à une autre question à propos de la vie en Yesha (Judée, Samarie et Gaza) avant la guerre de 67, Shoebat décrit ce qu'était la vie à Jéricho en ce temps là: "Nous ne faisions pas particulièrement attention aux règles Jordaniennes. L'enseignement de la destruction d'Israël était une partie sûre du plan, mais nous nous considérions Jordanien jusqu'à ce que les Juifs retournent à Jérusalem. Soudain nous étions Palestiniens - Ils remirent une étoile sur le drapeau Jordanien et soudainement nous avions un drapeau Palestinien".

Shoebat est convaincu que la guerre continuelle contre Israël n'a rien à voir avec le désir des arabes d'un état palestinien. "Jamais dans l'Histoire il n'y a eu d'état Palestinien" dit Shoebat. "Nous n'avons jamais voulu d'état palestinien - même aujourd'hui les Palestinien ne veulent pas d'état palestinien..."

"Alors que veulent-ils réellement?" demanda Tovia Singer. "Ils veulent la destruction des juifs", dit Shoebat. "C'est une guerre sainte. C'est dans la culture, la tradition. Arafat fait parti du bloc comme Saddam Hussein, Oussama ben Laden, Ahmed Yacine. Ce sont des gens de la même espèce, malgré quelques petites différences, ils sont de la même espèce."

Questionné par Singer sur ce qu'est son message pour le peuple juif aujourd'hui, Shoebat réfléchit un moment et répondit: "Votre Dieu est un Dieu magnifique, comme votre peuple et votre terre. Tenez bon et soyez fort. Ne soyez pas effrayés par les nations du monde, par ceux qui essaient de vous affaiblir et prendre votre terre". Après coup, mais dit dans un sentiment de grande urgence, l'ancien terroriste maintenant amoureux de Sion implora ainsi la nation d'Israël: "S'il vous plaît, reprenez le Mont du Temple".

Walid Shoebat peut être contacté par e-mail sur theone@mail.com

Walid Shoebat
www.shoebat.com

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vendredi 10 juillet 2009

Et les réfugiés juifs...

Voici une vidéo touchante et assez bien faite relatant l'exil depuis 1948 des Juifs des pays sous domination arabe. Elle témoigne aussi de certains pogroms, destructions, massacres les touchant dans les années 45-48. Un morceau de l'histoire qu'on connaît moins que d'autres.
En tapant "juifs", "arabes", "réfugiés" sur le web, les résultats étaient plutôt portés sur les réfugiés arabes provoqués par la naissance de l'Etat d'Israël. Et même exclusivement. J'ai dû un peu plus fouiller pour trouver les ouvrages portant sur les réfugiés juifs. Heureusement, j'en avais quelque connaissance antérieurement. Car les réfugiés juifs, eux, dont on ne dit pas qu'ils vivent dans des "camps de réfugiés" lorsqu'ils vivent dans des villes, sont un peu plus oubliés.

Pour plus d'informations, voir donc quelques livres existants sur le sujet :

- Shmuel Trigano (dir.), L’exclusion des juifs des pays arabes : aux sources du conflit israélo-arabe, Paris : In Press, 2003, 399p.


- Moïse Rahmani, Réfugiés juifs des pays arabes, Bruxelles : Editions Luc Pire, 2006, 221p.


- Nathan Weinstock, Une si longue présence : comment le monde arabe a perdu ses Juifs : 1947-1967, Paris : Plon, 2008, 358p

Sur les réfugiés arabes de 1948, outre de nombreux ouvrages, voir aussi sur ce site l'article de Joseph Farah : Les Juifs n'ont pris la Terre de personne


lundi 6 juillet 2009

Témoignage de Brigitte GABRIEL


Brigitte Gabriel -journaliste chrétienne libanaise - Fondatrice de AmericanCongress for Truth

Auteure de Because They Hate: A Survivor of Terror Warns America. St. Martin's Press. 2006 et They Must Be Stopped: Why We Must Defeat Radical Islam and How We Can Do It. St. Martin's Press, 2008


Je suis honorée et fière d'être aujourd'hui parmi vous en tant que Libanaise parlant en faveur de la seule démocratie du Moyen Orient, Israël. J'ai été élevée dans un pays arabe et je voudrais vous donner ici un aperçu venant de l'intérieur du monde arabe.

> J'ai grandi au Liban où on m'a enseigné que les Juifs étaient " le Mal ", Israël " le Diable " et que nous n'aurions la paix au Moyen Orient que le jour où tous les Juifs seraient morts, engloutis dans la mer.

> Quand les Palestiniens et les Musulmans du Liban ont déclaré leur Jihad contre les Chrétiens en 1975, ils ont commencé à les massacrer, ville après ville. Je me suis retrouvée dans un abri souterrain depuis l'âge de 10 ans jusqu'à 17 ans, sans électricité, mangeant de l'herbe pour survivre et, rampant sous les balles de tireurs embusqués, pour parvenir à un point d'eau.

Ce sont les Israéliens qui nous ont sauvé au Liban. Ma mère a été blessée par un obus tiré par des "jihadistes" et elle a été transportée vers un hôpital israélien pour être soignée. Lors de notre arrivée aux "urgences" j'ai été frappée par ce que j'ai vu : des dizaines de blessés, des Palestiniens, des Libanais et des soldats Israéliens jonchaient le sol. On soignait les blessés en fonction de la gravité des blessures, ma mère avant un soldat israélien, étendu près d'elle. Ils ne tenaient compte ni de l'identité ni de la religion du patient, ils ne tenaient compte que de la blessure à soigner, et c'était nouveau pour moi !

> Pour la première fois de ma vie j'ai vécu une compassion humaine qu'il ne m'a pas été donné de vivre dans la culture du pays où je suis née. J'ai vu des "valeurs nouvelles" appliquées par des Israéliens, capables de compatir pour un ennemi, dans les moments les plus difficiles. J'ai passé 22 jours dans cet hôpital et ces 22 jours ont changé toute ma vie et toute la vision que j'avais du monde extérieur, que je ne connaissais qu'à travers les médias libanais.

> J'ai réalisé que mon gouvernement m'avait "vendu" des mensonges grossiers sur les Juifs et sur Israël. J'ai réalisé aussi que si j'avais été une Juive au milieu d'un hôpital arabe, j'aurais été lynchée et jetée dehors au milieu des cris de joie et de "Allahou Aqbar" (allah est grand), retentissant partout dans le voisinage .
Dans cet hôpital, j'ai noué des amitiés avec les familles de soldats blessés, notamment avec Rina, dont le fils unique était blessé aux yeux. Alors que je lui rendais visite, un groupe musical de l'armée israélienne était venu remonter le moral des soldats blessés et ils ont entouré son lit en chantant. Rina et moi nous fondîmes en larmes et je me suis sentie de trop, esquissant un mouvement de sortie, mais Rina m'a retenue par la main, me rapprochant d'elle sans me regarder, "tu n'es pour rien dans tout cela…". Nous sommes restées ainsi quelques instants, pleurant la main dans la main.
Comment ne pas comparer cette mère à côté de son fils unique au visage déformé par une explosion, capable d'aimer son propre ennemi, et ces mères musulmanes qui envoient leurs enfants se faire exploser en pièces, juste pour tuer des "infidèles"…
La différence entre le monde arabe et Israël est une différence de valeurs et de caractère. Noussommes devant un contraste entre la barbarie et la civilisation, de la dictature face à la démocratie, du Mal contre le Bien. Il fut un temps où il y avait un endroit particulier dans les profondeurs de l'enfer pour toute personne qui tuait un enfant intentionnellement . Aujourd'hui, ce meurtre est rendu "légitime" comme "lutte armée" des Palestiniens.

> Mais on oublie cependant que si une telle conduite est rendue légitime contre Israël, elle le sera partout ailleurs, du fait que des gens sont élevés et éduqués dans la croyance subjective que s'envelopper de bâtons de dynamite et de clous pour tuer des enfants, c'est servir Allah. Du fait qu'on a enseigné aux Palestiniens que tuer des Israéliens innocents fera avancerleur cause et qu'on les a encouragés à le faire, le monde entier aujourd'hui souffre de cette plaie qu'est le terrorisme, de Nairobi à New York, de Moscou à Madrid, de Bali à Beslan.
On attribue les attentats suicide au désespoir de l'occupation. Ceci est un leurre. Je vous rappelle que la première attaque terroriste commise par des Arabes contre des Juifs en Israël a eu lieu 10 semaines avant la déclaration d'indépendance. Elle a eu lieu un dimanche matin, le 22 février 1948, anticipant cette indépendance. Trois camions piégés ont explosé dans la rue Ben Yéhouda à Jérusalem et 54 personnes sont mortes et il y eut des centaines de blessés. [NDLR : Cet exemple nous paraît bien tardif, les oppositions entre Juifs et Arabes dans la région sont bien antérieurs et les attentats étaient déjà un moyen de combat. Elle a raison toutefois lorsqu'elle dit que le désespoir n'a rien à y faire, n'importe quel chercheur sérieux s'en rendrait compte en étudiant un peu instrumentalisation faite par ceux qui les poussent à se faire sauter, bien au chaud dans leur fauteuil.]

Le terrorisme arabe n'est pas mû par le désespoir mais par une volonté farouche d'empêcher tout état juif dans la région.

vendredi 5 juin 2009

Les Murs dans le Monde

Le saviez-vous?

Beaucoup de pays ont érigé des barrières ou des murs pour être séparés de leurs voisins indésirables..

Grâce à la barrière qu'elle a construite, Israël a supprimé 98% d'actes terroristes..

Pourquoi ne parle-t-on donc dans les média que d'Israël ??

A tous ceux qui nous critiquent, La Fontaine aurait répondu :"les conseilleurs ne sont pas les payeurs."

Une petite leçon de …(ma)çonnerie, d’histoire et de politique.
Et démo en béton....!!!

Et pourquoi ne parle -t-on que d'Israël???



Israël n'est pas le premier pays à construire un mur, une clôture ou une barrière de sécurité. Il en existe un nombre appréciable un peu partout dans le monde. C'est cependant le mur israélien qui retient toutes les attentions et les critiques, minimisant de fait l'enjeu : éviter des attaques terroristes. On n'entend pas ces mêmes critiques à l'égard d'autres pays ayant construit des murs de séparation afin d'éviter par exemple l'immigration clandestine. Comme pour le mur entre le Mexique et les Etats-Unis, une barrière contre des millions de Mexicains illégaux qui veulent pénétrer au pays d'Oncle Sam et trouver une réponse à leur misère. Construire un mur pour se protéger d'immigrants en détresse est-il plus légitime que le faire pour empêcher l'entrée de kamikazes ?

















"La grande muraille du Maroc" connue sous le nom de "ceinture de sécurité", est un mur de défense, long de 2.720 kilomètres , érigé par le Maroc dans le Sahara marocain dans le but de protéger ses territoires et sa population contre les invasions hostiles du Front Polisario.














La Corée du Sud se protège de la Corée du Nord par une barrière.



L'Inde aussi, a construit une barrière de 3.300 kilomètres afin de marquer sa séparation du Pakistan voisin, qui la conteste.

Le Botswana construit des barrières électrifiées à sa frontière avec le Zimbabwe, officiellement pour empêcher les animaux de ferme contaminés d'entrer dans le pays; elles servent surtout à empêcher ceux qui fuient les troubles d'arriver au Zimbabwe.

L'Arabie Saoudite, une des voix majeures à critiquer la barrière de sécurité israélienne, en construit une, en béton, avec caméras de surveillance. Un projet d'un peu plus d'un demi-milliard d'euros sur la frontière poreuse avec le Yémen, afin d'empêcher les infiltrations. Ce qui provoque la colère de plusieurs tribus locales qui affirment que la construction lèse le territoire yéménite de près de sept kilomètres.
L'Arabie Saoudite met également en place une barrière une barrière ultra-moderne sur les 900 kilomètres de frontière commune avec l'Irak.






Autre lieu de tensions, où s'érige un mur, Chypre, dont une partie du territoire est contestée par la Turquie. Cette dernière, candidate à l'entrée dans l'Union européenne, a construit une barrière afin de délimiter le territoire qu'elle revendique sur l'île chypriote.
Reste le cas fameux de l'Irlande, où, depuis plus de trente ans, des dizaines de murs séparent catholiques et protestants. Des rues ont été coupées afin de mettre un terme aux jets de projectiles, pierres, cocktails Molotov, grenades, etc. Des quartiers entiers de Belfast ont été défigurés, des maisons rasées et des habitants expulsés pour permettre la construction de ces murs.











La Thaïlande a annoncé en 2007 son projet d'édifier une barrière physique le long des 75 kilomètres les plus inaccessibles de sa frontière avec la Malaisie. Le but, selon Bangkok, est d'empêcher les "terroristes" de traverser les provinces agitées, à majorité musulmane du sud de la Thaïlande.

Le Pakistan construit actuellement une barrière de 2.400 km pour être séparé de l'Afghanistan. L'Ouzbékistan a érigé une clôture le long de sa frontière avec le Tadjikistan. Les Émirats arabes unis sont en train de mettre une place une barrière sur leur frontière avec Oman et le Koweït renforce le mur de 215 km le long de sa frontière avec l'Irak.

L'Espagne de Javier Solana a érigé une barrière électrifiée gardée par des soldats, aux enclaves de Ceuta et Melilla à la frontière du Maroc. Elle fait rempart aux travailleurs illégaux, qui, par centaines, tentent d'entrer en Espagne.





















Sources du texte :
"Salomon, vous êtes Juif !?, L'antisémitisme en Belgique du Moyen-Âge à Internet"
Viviane Teitelbaum
http://www.vitelu.be/?p=8

Pour Israël, le bilan est sans appel : entre 2002 et 2008, le nombre de victimes d'attentats "kamikazes" sur le sol national est tombé de 451 à 7 ! Cette chute de 98.5% épouse autant le rythme (baisse suivant l'avancée de la construction, dès 2003) que la localisation des derniers attentats en date; en janvier 2007 et janvier 2008, deux "kamikazes" ont frappé respectivement à Eilat et Dimoma, dans la longitude du désert de Judée, ultime zone non encore circonscrite par le dispositif.

Source :
"Atlas géopolitique d'Israël"
Frédéric Encel, collection Autrement
http://www.amazon.fr/Atlas-g%C3%A9opolitique-dIsra%C3%ABl-Aspects-d%C3%A9mocratie/dp/2746711141

vendredi 19 janvier 2007

Peres c/ Boutros Boutros-Ghali




Boutros Boutros–Ghali, Shimon Peres, 60 ans de conflit israélo–arabe. Témoignages pour l'Histoire. Entretiens croisés avec André Versailles, Bruxelles : Editions Complexe, janvier 2006



S'il ne fallait lire qu'un seul livre pour comprendre le conflit dit israélo–arabe, je ne vous conseillerais sûrement pas celui–là. Ouvrage de grand public, confrontant deux hautes personnalités établies, un Copte chrétien, issu de la haute bourgeoisie égyptienne : Boutros Boutros–Ghali, ministre des Affaires étrangères sous Anouar El–Sadate et ancien secrétaire général de l'ONU; et un israélien du parti travailliste, ayant assuré nombre de postes en Israël, dont celui de premier ministre à plusieurs reprises : Shimon Peres. Si vous souhaitez parcourir les évènements qui jalonnent ces 60 ans, découvrir quelques anecdotes sur les rencontres internationales et la manière d'être de certains hommes politiques d'envergure (Sadate, Kissinger, Carter, Begin ...), ou le quotidien d'un diplomate, alors sans doute ce livre vous plaira. En revanche, si vous entendez réellement comprendre les enjeux d'un conflit complexe, comprendre vraiment pourquoi des Juifs ont pu et peuvent revendiquer la Judée–Samarie, soit la rive occidentale du Jourdain, (ou simplement le pays d'Israël), comprendre pourquoi les révélations des nouveaux historiens israéliens, derrière Benny Morris, n'ont rien de choquantes, mais sont dans la logique des choses, si vous souhaitez lire une approche profonde du conflit, intellectuellement, philosophiquement, afin de comprendre pourquoi celui-ci dure, et si vous entendez en connaître les racines : alors ne le lisez pas, vous perdrez votre temps!


Si Boutros Boutros–Ghali, finalement, a au moins le mérite d'assumer des positions et des explications à la limite de l'antisionisme, Peres, lui, pêche trop souvent par excès de tiédeur et de minimisation. Dans cette optique, mieux aurait valu des entretiens avec un homme politique israélien de droite qui assume la réalité des choses et qui les explique clairement, prenant une posture plus agressive qu'un Shimon Peres bien trop diplomate, pour ne pas dire timide (même si, n'exagérons pas non plus, il se défend brillamment sur certaines questions essentielles). Mais dans l'ensemble, ce livre ressemble à une discussion télévisée qui durerait plus longtemps, trop d'ailleurs, le livre, un peu long, devenant un peu fatiguant.


S'il nous est impossible ici de reprendre tous les thèmes abordés, si mal abordés, à tel point que je vous conseillerais de lire l'exemplaire que j'ai moi–même annoté sur quasi toutes les pages, essayons toutefois de relever quelques passages qui en valent la peine. C'est surtout chez Boutros–Ghali qu'on les trouve. Il est intéressant, en effet, de relever à quel point ce Copte chrétien, qui ne parle que de « colonisation » européenne et israélienne, est incapable de se plonger dans une histoire plus longue qui l'amènerait bel et bien à parler de « colonisation » arabe. C'est incroyable, en effet, à quel point il peut faire preuve d'une forme de racisme anti–occidental, par moments et sans même s'en rendre compte, en intégrant la dhimmitude des chrétiens en terre dite d'Islam (qu'il ne critique pas une seule fois) au motif qu'il existe de hautes personnalités chrétiennes (comme lui-même) à la tête de certains gouvernements arabes dits modérés, sans même se dire que cette pratique trompeuse et coloniale était aussi celle des européens qui s'appuyaient sur les élites locales. Bien que critiquant souvent l'incompétence des gouvernements arabes successifs dans la gestion de leurs affaires, qui se focalisent à tort selon lui, sur Israël, il répète maintes fois (au grand dam de Malek Chebel qui prétend le contraire) que la « haine anti–israélienne, avec ses nombreux glissements vers l'antisémitisme [comme] phénomène populaire profond n'est pas le résultat d'une propagande d'Etat [...] les gouvernements arabes [essayant au contraire] de brider cette haine anti–israélienne et antiaméricaine [et] bien plus anti–israélienne qu'anti–américaine ». Pourtant, comme ici page 363, Boutros Boutros–Ghali ne paraît pas en être dérangé et continue à défendre le camp arabe à qui il faudrait, selon lui, donner plus. Malgré tous ses efforts, en effet, il ne prend aucune position véritablement critique sur ces faits, qu'il accepte comme tel, n'adoptant aucune posture de responsabilité envers les Arabes. Posture qui consisterait à dire que rien ne sera possible pour eux tant qu'il ne changeront pas de mentalité, et qu'il faudra les combattre tant qu'ils seront ainsi, car cette mentalité de type identitaire fermé, haineuse, voire xénophobe et raciste, est inacceptable. Ce point est effectivement essentiel. On ne peut admettre l'extrémisme d'un camp, au simple motif que c'est ainsi. Dans ce cas, alors, il aurait fallu faire avec la frustration des Allemands des années 30, les laissant accomplir leur projet. D'autant que l'idée de frustration et de responsabilité des autres dans le malheur de populations est, au regard des faits, peu défendable et assez malhonnête pour les Arabes, comparé à d'autres peuples (Arméniens, Juifs, Indiens...). Et, alors que Boutros–Ghali cherche à pousser la logique côté israélien en la fustigeant, car sans essayer de les comprendre dans une optique comparatiste1, face à un Peres qui les minimise, au lieu d'en expliquer tout simplement le fondement sans aucun complexe; en revanche il ne pousse jamais la logique des choses du côté arabe. Ainsi, il est particulièrement intéressant de l'entendre refuser le terme de « minorités étrangères », page 125, pour les Arabes accueillis en Jordanie après la guerre de 1948 ou celle de 1967, au motif que les Arabes constituent un seul et même peuple, doté d'une même identité, d'une même origine ethnique, d'une même religion à la base ...etc ... mais sans critiquer alors leur extension. Au fond, Boutros–Ghali par son réalisme, a en réalité les mêmes considérations que la droite sioniste, puis israélienne, Jabotinsky au premier chef. A la différence que ces derniers, une fois les faits établis, y portent une vision critique, nécessaire à toute réflexion, qui consiste à mettre en évidence qu'alors, comme l'a dit Jabotinsky, « les Arabes sont une nation qui a plusieurs Etats, alors que les Juifs sont une nation qui veut un Etat » et un seul, qui plus est, de taille ridicule – même dans sa version la plus grande – comparé à la surface sous domination arabe. Aussi Boutros–Ghali fait donc ici figure d'un piètre penseur; à moins que la simplicité de son propos s'explique par le statut « grand public » du livre, chose qui induit en fait les masses dans l'erreur. Après tout, on ne peut être tout à la fois, il est déjà grand diplomate. Par ailleurs, ce dernier se contredit dans son acceptation d'un seul et unique peuple arabe, dotée d'une identité, mais divisée en d'autres sous–unités, qu'il appelle également « peuple ». La confusion des termes touche là à son comble.
Car en effet, si un individu peut lui–même appartenir à plusieurs peuples, par le fait de l'histoire (la dispersion et les mariages mixtes surtout) comment un seul et même peuple peut -il en même temps être pluriel ?
Si on choisit de l'admettre en tout cas, alors faut–il le faire pour tous, et non seulement pour les Arabes. Il s'agit là d'un privilège intellectuellement injustifié. S'il existe bien des Jordaniens, des Irakiens, des Égyptiens, par la nationalité, par le découpage, souvent arbitraire d'Etats – et avant cela de royaumes ou principautés – le terme de peuple, dans le cas où l'on parle d'un seul peuple arabe, perd tout son poids
2. La sémantique prend donc toute son importance.


Pour résoudre cette complexité, nous observons alors que le droit utilisé par l'Etat d'Israël, distinguant l'appartenance à une nation – juive, arabe, ou druze – de l'appartenance à une nationalité – israélienne, libanaise, jordanienne ... - révèle toute son utilité (même si le cas des enfants mixtes, rend son application difficile3). A ce titre, il est également scandaleux que l'ancien secrétaire général des Nations–Unies qualifie de « minorités arabes » des peuples à part entière tels que les Druzes, voire les Coptes – auquel il appartient. . On se rend compte alors à quel point l'homme a intégré une domination arabe qu'il considère naturelle, niant l'identité tout à fait différente, tant ethnique, religieuse, culturelle, voire linguistique ... d'autres peuples, au motif que les Arabes les ont soumis depuis de nombreux siècles (C'est à se demander si son discours n'est pas à moitié guidé par la peur de menaces dans son pays, allons savoir). Cette représentation s'opère encore dans sa qualification de « terre arabe », soit pour les Arabes, toutes celles qu'il ont dominé un jour (c'est–à–dire Andalousie compris, mais également toute l'Espagne et le sud de la France, même s'il ne dit rien sur ces deux dernières régions). On ne sait, à vrai dire, souvent, s'il expose simplement la supposée mentalité arabe, ou s'il l'approuve et la défend : une chose est sûre, il ne s'offusque nullement contre ces considérations expansionnistes, dominatrices, impérialistes, voire racistes, alors qu'il caricature souvent le camp adverse.


Si donc, il fallait lire ce livre, ce serait plus pour découvrir les aberrations qui y sont dites.


MU.



1 Tel est le cas concernant l'expulsion d'Arabes pendant la guerre d'indépendance qu'on ne peut comprendre que dans une optique comparatiste. Il est en effet tout simplement injuste sur le plan égalitaire que les pays arabes expulsent et massacrent les Juifs d'Hébron ou d'autres implantations situées à l'est du Jourdain, sans que mot ne soit dit, mais que les Juifs de leur côté ne puissent expulser les Arabes implantés au milieu des installations juives. Boutros – Ghali en effet, dénonce le massacre de Deir Yassine par des hommes de l'Irgoun et du Lehi, sans dire mot de tous les massacres arabes (au pluriel), non seulement pendant la guerre mais aussi avant celle - ci. Il dénonce par ailleurs sans aucune réflexion l'expulsion d'Arabes mais sans dire mot des expulsions et des massacres contre les Juifs. Or rappelons que toute guerre de libération nécessite le départ de ceux contre qui on estime se libérer. Si les Arabes du Proche – Orient ont expulsé les Juifs, si les Arabes d'Algérie ont expulsé les Pieds – noirs (et on pourrait multiplier les exemples avec nombre de populations), pourquoi les Juifs ne pourraient – ils pas expulser ceux qui sont, pour eux, leurs « colonisateurs hostiles » : les Arabes ? Voir sur ce point notre article Parce que le nationalisme n'est pas là où on le croit ! Boutros – Ghali va jusqu'à qualifier de « nettoyage ethnique » l'expulsion d'Arabes sans se rendre compte qu'alors tout mouvement de décolonisation constitue un « nettoyage ethnique ». C'est cette réalité et cette dureté machiavélienne et réaliste que Shimon Peres tait,au lieu de l'expliquer crument au lecteur. Que ce soit pour des raisons politiques ou par conviction, l'ouvrage montre là ses limites.




2Il faut en effet distinguer le cas, où par un hasard de l'histoire, immigration, changement de pays ... un individu pourra revendiquer une double appartenance (ex : Arabe et Français, Juif et Français ...), qui, déjà n'est pas un phénomène sans difficulté ni contestations; et le cas, tout à fait différent, où un individu se dirait Arabe et Jordanien par exemple, alors même que les Jordaniens s'insèrent dans un ensemble plus vaste, celui du peuple arabe, justement. On voit là apparaître une difficulté, due à l'implantation durable des Arabes dans de nombreux pays qu'ils ont envahi, qui ne saurait être traité aussi légèrement que ne le fait Boutros Boutros – Ghali.




3Voir sur ce point Moche Katane, Qui est Juif ? Le jugement de janvier 1970 de la Cour suprême d'Israël, Paris : Editions Colbo, 1990