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mercredi 1 juillet 2009

Ariela Palacz, Il fait jour à Jérusalem








Ariela Palacz, Il fait jour à Jérusalem. Paris, Pologne, Jérusalem, Kfar Adoumim : Edition Ivriout, 2004, Collection Témoignage et identité, suivi de L'Exil des orphelins



Ariela Palacz n'est pas une rescapée de la Shoah. Elle fut une enfant cachée, abandonnée et christianisée à l'Assistance publique (aujourd'hui la D.A.S.S.-Direction départementale de l'Action sanitaire et sociale), à Paris, puis en Province. Comme d'autres enfants qui ont plus tard créé l'association Aloumim en Israël, elle fut laissée et déposée à l'Assistance publique. A l'âge de 8 ans, elle n'avait pas compris pourquoi. Dans son livre elle se souvient, et raconte.



Emouvant, son petit ouvrage de 110 pages a quelque chose des récits de souvenir de la dernière guerre mondiale. Comme Elie Wiesel dans Une nuit ou Aharon Appelfeld dans son Histoire d'une vie, elle témoigne simplement de son vécu. Sans avoir été ni déportée ni cachée dans des forêts d'Ukraine, et sans être non plus un auteur de renommée internationale, Ariela Palacz (autrefois Paulette Szenker) réussit néanmoins à nous toucher. Elle nous fait comprendre aussi l'intérêt qu'elle porte à Israël en général et à Jérusalem en particulier où elle immigre en 1970, à 36 ans avec son mari et ses deux enfants. On est sensible aussi dans son livre au fait qu'Israël soit le seul Etat à caractère et à l'héritage juif, le seul où les fondements et les valeurs peuvent s'inspirer en droite lignée de l'histoire, de la tradition et de la culture juive. C'est cette culture qu'elle porte en elle lors de son voyage en Pologne en 1993, pour le 50e anniversaire de la révolte du ghetto de Varsovie. Cette visite constitue toute la deuxième partie du livre. Il n'est plus alors témoignage mais sentiment, celui d'une ancienne fillette cachée qui retrouve le destin qu'a connu sa famille, celui de ses oncles, de ses tantes, de ses cousines, et de sa mère, mais auquel, elle, a échappé. Les mots qu'elle a pour la « terre de Pologne » ne sont pas doux. Sans vraiment polémiquer, elle a du mal à supporter les interdits pour raisons de sécurité faits au groupe, dus à une population locale hostile. Elle a du mal à se faire aux habitants avoisinants le ghetto, les camps de concentration, les camps d'extermination, et si passifs. Elle a du mal aussi avec une Pologne qui en 1946, après la guerre, continue à massacrer les juifs qui pensaient retrouver leur terre. Des questions que chaque visiteur honnête se pose, des réactions naturelles face à si peu de réponses.



Enfin, Ariela Palacz nous conte son retour à l'orphelinat, témoignant dans sa propre école de son histoire et ainsi, bouclant la boucle.



Touchante, l'histoire d'Ariella Palacz est parfois faite lire à de jeunes groupes en visite en Israël. Ce n'est pas le meilleur livre du genre, ce n'est pas le plus mauvais non plus, c'est un tout petit ouvrage mais c'est le témoignage d'une femme simple qui s'est trop longtemps tue, et qui un jour a décidé de raconter, de ne pas oublier, et de vivre. C'est cette volonté et cette beauté existentielle que nous saluons.


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